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Le
Rapport canadien sur le développement 1999
(RCD 1999) présente des douzaines d'organisations
canadiennes qui s'emploient à créer un
monde plus juste. Il examine ainsi les façons
dont la société canadienne soutient l'expression
collective de la justice sociale, économique,
politique et environnementale, tant à domicile
qu'à l'étranger. Chaque chapitre aborde
les mesures prises par les organisations de la société
civile cana-diennes dans une sphère d'activité
ainsi que les grandes questions auxquelles chacune d'elles
doit faire face. Pris ensemble, tous les chapitres de
ce rapport font le bilan d'un secteur de la société
dynamique et engagé, dont les efforts ont été
couronnés de succès, souvent contre vents
et marées. |
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Le
1er mars 1999, à midi, les cloches du
monde entier carillonnaient l'entrée en vigueur
du Traité d'Ottawa, comme on désigne aujourd'hui
la Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage,
de la production et du transfert des mines antipersonnel
et sur leur destruction. Cet événement mérite
d'être souligné, ne serait-ce qu'en raison
de la rapidité avec laquelle la Convention a pris
force de loi. Comme certains politologues ont pu le dire,
il s'est agi d'un conte de fées où David
triomphe de Goliath, et le nouveau partenariat entre la
société civile et les États de même
sensibilité, qui ont rendu possible l'existence
de ce traité, a été annoncé
comme préfigurant l'avènement d'un «
superpouvoir ». Le
succès de la campagne mondiale visant à
interdire les mines antipersonnel a été
retentissant. Pourtant, ce n'est là qu'un seul
exemple de la façon dont s'y prennent les organisations
de la société civile, qu'il s'agisse d'églises
ou de partis politiques, d'associations de guides ou
de clubs sportifs, pour amener le changement, quel qu'il
soit, tant ici qu'à l'étranger (voir l'encadré
1).
TACTIQUES
ET SUCCÈS
Les OSC
canadiennes ont recours à toute une
gamme de tactiques privées et publiques
pour atteindre leurs objectifs : prises
de contact individuelles; revendication
publique du changement; lobbying national
et international; création de coalitions,
de réseaux et de partenariats; lancement
de campagnes médiatiques et éducatives
pour sensibiliser l'opinion publique; contrôle
de l'action gouvernementale et dénonciation
des échecs; lancement d'initiatives
locales, nationales et mondiales; soutien
aux groupes existants; et intervention sur
la scène internationale. Les OSC
travaillent avec des particuliers, des groupes
et des coalitions; ouvertement en public
ou discrètement en coulisse; dans
les salles de réunion privées,
dans les organisations internationales et
sur Internet. Elles sont également
présentes sur le terrain, au Canada
et à l'étranger, pour mettre
en uvre programmes et projets.
Et nombreux
sont les succès qu'elles ont remportés.
En voici quelques-uns :
- Depuis
1972, des groupes de recherche et d'intérêt
public sur les campus partout au Canada
ont attiré l'attention sur les
problèmes écologiques. Parmi
les activités récentes,
citons leurs travaux d'avant-garde sur
la Baie James au Québec, le barrage
de Narmada en Inde et celui des Trois
Gorges en Chine.
- Un réseau
d'OSC qui s'étend à au moins
70 pays dont au Canada, le Conseil
des Canadiens a joué un
rôle déterminant pour mettre
fin aux négociations de l'Accord
multilatéral sur l'investissement
en 1998. Cette alliance a réussi
à mettre les négociations
sous le projecteur, à expliquer
à tous ce que seraient ses répercussions,
et à contester l'Accord en fonction
des principes démocratiques et
des droits de la personne.
- Le Global
Network on Food Security a réuni
le gouvernement canadien, le secteur privé
et les organisations de la société
civile pour définir ensemble la
position du Canada au Sommet mondial de
l'alimentation de 1996 et les engagements
canadiens au titre du Plan d'action national
pour la sécurité alimentaire
qui lui a fait suite.
- Le CCASF
et Intercede, groupe de défense
des droits des employées domestiques
au Canada, se sont joints à des
groupes de femmes d'Asie et du Pacifique
pour organiser la Deuxième conférence
des femmes contre l'APEC et la Journée
internationale de protestation à
l'occasion des réunions du Forum
de la Coopération économique
Asie-Pacifique en 1997.
- En 1997,
CUSO et Inter Pares, en partenariat avec
quatre ONG du Bangladesh, ont contribué
à mettre la traite des femmes et
des enfants à l'ordre du jour de
la Réunion des chefs de gouvernement
de l'Association sud-asiatique de coopération
régionale, ce qui a débouché
sur une convention régionale portant
sur cette question.
- Le Centre
canadien d'étude et de coopération
internationale (CECI) a réuni les
parties en conflit au Guatemala, en Afrique
occidentale, au Burundi et en Haïti
pour qu'elles apprennent les techniques
de prévention des conflits et qu'elles
élaborent des plans d'action.
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Le travail de la
société civile est important pour
l'économie et la société en
général. On estime en effet que le
secteur canadien du bénévolat assure
pour plus de 3 000 $ de services par personne. Chaque
année au Canada, plus de 1,1 milliard d'heures
sont données par seulement 75 000 uvres
de bienfaisance et près de 90 milliards de
dollars passent entre leurs mains sous formes de
subventions publiques et autres dons individuels
ou corporatifs. Plus important encore, la moitié
des Canadiens soit plus de 12 millions de
personnes jouent un rôle actif au sein
d'une quelconque organisation de la société
civile.
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