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SONDAGE
Le terme “efficacité du développement” peut présentement être défini de plusieurs façons. Si vous deviez expliquer le terme, définiriez-vous principalement l’efficacité du développement comme :
Efficacité organisationnelle
Cohérence des politiques
Résultats globaux du développement
Résultats du sondage
 



LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT

de Philip English et Harris Mule

Au cours des années 1980, la plupart des pays africains se sont soumis à des programmes rigoureux d'ajustement structurel et de libéralisation monétaire. L'espoir était alors - et demeure - qu'en libérant les forces du marché, et en faisant du secteur privé le moteur de la croissance pendant que l'État assume un rôle constructif de facilitation, on lance le continent sur la voie d'une nouvelle croissance, stable et à longue échéance. Mais ce succès continue d'échapper à la majorité.

Durant les 30 ans et quelques de son existence, la Banque africaine de développement a dû oeuvrer dans un contexte politiquement instable et au milieu de régimes économiques en train de stagner et de décliner. Largement considérée comme la grande institution multilatérale de l'Afrique, la BAfD a subi un examen de plus en plus serré et critique

En 1991, E. Philip English et Harris M. Mule ont entrepris de répondre à quelques questions fondamentales au sujet de la BAfD : A-t-elle été efficace comme agente de développement? A-t-elle eu un concours distinct du plus grand rôle de la Banque mondiale?

L'EXPANSION ET L'ADMINISTRATION

La Banque a été créée en 1963 par 33 nations africaines qui la voulaient autonome, et n'ont pas accepté les membres non de la région. Ses activités ont démarré très lentement : les approbations de prêts n'ont représenté en moyenne que 21 millions de dollars par an durant la période 1970 à 1972. Le guichet «concessionnel» du Groupe - le Fonds africain de développement (ou FAfD) - est entré en activité en 1973, grâce à 82 millions de dollars donnés par 13 membres non régionaux et par la BAfD. Le Fonds, ayant une administration séparée, a accordé 50 p. 100 des voix aux membres non régionaux. Mais dans l'intervalle, la Banque a vu son capital payé à peine augmenter au cours des années 1970, et elle a fini par accepter des membres non de la région en 1982, les limitant cependant à un tiers des sièges au Conseil des gouverneurs. Les approbations de prêts ont alors brusquement grimpé, comme en témoigne le tableau qui suit :

  Fonds Banque
  (en millions $ US)
1979-81 811 894
1985-87 1,795 3,087
1991-93 3,151 5,735

LES PROBLÈMES ET LES DÉFIS

English et Mule font ressortir les problèmes qu'a provoqués cette remarquable expansion. Dans les années 1980, la hausse des prix du pétrole et la «chute libre» du prix relatif des produits exportés par l'Afrique ont créé des problèmes de service de dettes pour bien des pays. Les arriérés dûs à la BAfD ont sauté de 104 millions de dollars en 1989 à 741 millions de dollars en février 1995. Tout en soulignant le sérieux de la menace que présente la montée des arriérés, les auteurs écartent la possibilité d'un écroulement de la Banque ou d'un appel au paiement du capital. Ils la félicitent d'avoir durci son régime de sanctions à l'égard des pays manquant à leurs obligations, et font remarquer que les cinq plus gros emprunteurs (le Nigéria et les quatre États d'Afrique du Nord) entrent pour une assez faible part dans le total des arriérés; le Zaïre et le Libéria étaient responsables des deux tiers.

Le personnel est l'un des autres problèmes soulignés. Tandis que le Groupe de la BAfD comptait moins de 400 employés en 1995 dans ses services des projets et des programmes-pays, la Banque mondiale en avait 1 720 qui travaillaient sur l'Afrique, et la moyenne de ses engagements était de 50 p. 100 plus élevée. D'après les auteurs, de moindres niveaux de prêt ont offert la solution à court terme, mais la BAfD doit posséder un personnel plus important et mieux qualifié (y compris de non-Africains) si elle entend jouer un rôle plus substantiel dans le développement du continent.

L'intégration régionale a représenté d'emblée une priorité pour le Groupe de la BAfD, qui espérait consacrer 10 p. 100 des ressources aux projets multinationaux. Mais jusqu'à ces dernières années, les divergences politiques existant entre pays membres l'ont empêchée de dépasser 2,4 p. 100 des engagements. Cette situation pourrait changer dans la mesure où le climat politique devient plus favorable à l'intégration régionale; auquel cas, la BAfD se tient prêt à jouer un rôle de premier plan.

LE RENDEMENT DANS TROIS PAYS

On a fait réaliser trois études de cas concentrées sur le Kenya, le Mali et l'Égypte, de façon à sonder les points forts et les faiblesses des opérations de prêt de la BAfD. Les auteurs concluent que l'attitude de non-ingérence adoptée par la Banque face aux priorités des pays emprunteurs a été payante quand l'agent d'exécution était compétent. Mais, ajoutent-ils, «dans la plupart des cas, [le Groupe de la BAfD] a poussé la réceptivité au point de devenir otage de ses emprunteurs. Il doit se fier aux gouvernements pour identifier les priorités sans offrir une deuxième opinion informée». Les études de cas relèvent toutefois des succès dans la grande construction routière au Kenya et dans des projets du secteur énergétique en Égypte, et elles attribuent à la BAfD le mérite d'avoir aidé à la remise sur pied de la Banque de développement du Mali.

UN MOT SUR LE LIVRE ET SUR SES AUTEURS

Cette étude, publiée en 1996, fait partie d'un plus large projet sur les Banques multilatérales de développement que l'Institut Nord-Sud a lancé en 1991, avec l'appui financier de l'Agence canadienne de développement international, de la Fondation Ford, du ministère des Affaires étrangères de la Suède, du ministère des Affaires étrangères de la Norvège, du ministère de la Coopération pour le développement des Pays-Bas, de la Banque interaméricaine de développement, de la Banque de développement des Caraïbes, de la Banque africaine de développement, et de la Banque asiatique de développement. Les fruits du projet sont divulgués dans quatre volumes, traitant chacun d'une banque régionale de développement, ainsi que dans un ouvrage de synthèse intitulé Titans ou monstres?, de Roy Culpeper, publié en 1997.

E. Philip English a travaillé à la Banque africaine de développement de 1985 à 1988 et il est aujourd'hui économiste à Washington. Harris M. Mule a été secrétaire permanent au ministère des Finances et de la Planification du Kenya et il a occupé des postes supérieurs au Fonds international de développement agricole.

L'Institut Nord-Sud est une corporation indépendante du Canada, non partisane et sans but lucratif, qui mène des recherches spécialisées, destinées à éclairer la politique, sur les relations entre pays industrialisés et pays en développement.

Cette publication est en vente, au prix de 25$ Can., chez Renouf Publishing Co.Ltd.


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