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LA BANQUE DE DÉVELOPPEMENT DES CARAËBES
de Chandra Hardy
Depuis les 25 dernières années, la Banque
de développement des Caraïbes (BDC), une
institution sous-régionale, concentre ses efforts
sur le développement des pays caraïbes du
Commonwealth, et notamment sur les petits États
insulaires qui forment l'Organisation des États
des Caraïbes orientales (OECO). Même si pour
beaucoup elle s'est montrée à la hauteur
des promesses et des attentes et a contribué
à la réduction de la pauvreté et
à l'amélioration des compétences,
la BDC - tout comme les autres banques multilatérales
de développement (BMD) - se voit de plus en plus
scrutée par les organisations communautaires,
les groupements pour l'environnement, et d'autres.
Pour mieux comprendre la BDC, Chandra Hardy a entrepris
de déterminer si elle avait été
efficace comme agente de développement et si
elle était apte à relever les nouveaux
défis apparaissant à l'ordre du jour du
développement.
L'EXPANSION ET L'ADMINISTRATION
Fondée en 1969, la Banque de développement
des Caraïbes a démarré avec 18 membres
et un capital autorisé de 50 millions de dollars
américains, dont la moitié versée.
Les membres non régionaux (qui ne comprirent
initialement que la Grande-Bretagne et le Canada, mais
auxquels vinrent s'ajouter ultérieurement la
France, l'Allemagne et l'Italie) voient leur part limitée
à 40 p. 100. La Jamaïque et Trinité-et-Tobago
détiennent les plus grosses parts (16,6 p. 100
chacune). En 1992, la BDC comptait 25 membres (dont
le Mexique, le Venezuela et la Colombie en tant que
donneurs) et ses ressources atteignaient 1,3 milliard
de dollars américains, dont 686 millions constituaient
un «fonds spécial». Les 25 pays siègent
au Conseil des Gouverneurs, qui confie des responsabilités
à un Conseil d'administration de 17 membres (incluant
les cinq pays non régionaux) qui se réunit
six fois l'an. Selon Hardy, ces nombres devraient être
réduits. Les États-Unis n'adhèrent
pas aux banques sous-régionales, mais ils ont
cotisé au fonds spécial de la BDC.
Le personnel du siège à la Barbade comprend
moins de 200 personnes, et la moyenne des prêts-projets
a été d'environ 5 millions de dollars.
À l'intérieur de ces limites, dit Hardy,
la BDC a représenté un large succès,
disposant d'un «net avantage sur les plus grosses
BMD par ses moindres coûts d'évaluation
et d'encadrement des projets, par sa connaissance de
la région, et par sa flexibilité».
Les chiffres qui suivent indiquent comment prêts
et dons se sont répartis entre les plus gros
pays emprunteurs durant la période 1970 à
1992 (sur un total décaissé de 1,1 milliard
de dollars) :
| Pays |
Montant (en millions $ US) |
| «Sept» de l'OECO |
393.7 |
| Jamaïque |
181.8 |
| Guyana |
96.7 |
| Belize |
75.4 |
| Bahamas |
69.9 |
| Barbade |
68.2 |
LES PROBLÈMES ET LES DÉFIS
Aux applaudissements saluant les réalisations
passées de la BDC viennent se mêler les
inquiétudes inspirées par les défis
en train de surgir dans la région, confrontée
à la perte de ses marchés d'exportation
préférentiels et à la baisse des
rentrées de capitaux. Chômage et pauvreté
sont en train d'augmenter dans les plus grands pays
membres, tandis que les plus petites îles commencent
à pâtir de la déforestation et de
la pollution des plages. D'après Hardy, la BDC
a besoin d'arrêter des politiques environnementales
à l'échelle de la région, de jouer
un plus large rôle dans le développement
régional et d'aider à la promotion du
commerce intra-région. À cette fin, elle
a besoin de développer son service d'information
et de renforcer son personnel de spécialistes
en analyse économique.
LES ÉTUDES DE PAYS
L'étude s'est particulièrement concentrée
sur trois pays de l'OECO (Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-Grenadines,
Saint-Kitts-et-Nevis) de même que sur le Guyana,
la Barbade et la Jamaïque. Les sept membres de
l'OECO recevaient 55 p. 100 de toutes les ressources,
et 85 p. 100 des dons d'assistance technique. Dans les
plus petites îles, les prêts finançaient
surtout des routes, des sociétés d'électricité
et d'autres infrastructures; et, dit Hardy, la BDC a
aidé à resserrer la discipline budgétaire
et à rehausser la qualité de l'administration
publique, après que la Grande-Bretagne a retiré
son appui budgétaire à ses anciennes colonies.
À la Barbade, un grand prêt a servi à
revigorer l'industrie sucrière, et l'aéroport
a été rénové avec succès.
Au Guyana, les prêts sont allés à
l'agriculture et à la liquidation d'arriérés.
En Jamaïque, ils ont largement servi à appuyer
deux institutions de financement du développement.
La relation de la Jamaïque avec la BDC est approfondie
dans un livret conjoint, intitulé Shocks and
Strategies : Jamaica and the Caribbean Development Bank,
dont George Reid est l'auteur.
UN MOT SUR LE LIVRE ET SUR SON AUTEUR
Cette étude, publiée en 1995, fait partie
d'un plus large projet sur les Banques multilatérales
de développement que l'Institut Nord-Sud a lancé
en 1991, avec l'appui financier de l'Agence canadienne
de développement international, de la Fondation
Ford, du ministère des Affaires étrangères
de la Suède, du ministère des Affaires
étrangères de la Norvège, du ministère
de la Coopération pour le développement
des Pays-Bas, de la Banque interaméricaine de
développement, de la Banque de développement
des Caraïbes, de la Banque africaine de développement,
et de la Banque asiatique de développement.
Les fruits du projet sont divulgués dans quatre
volumes, traitant chacun d'une banque régionale
de développement, et dans un ouvrage de synthèse
intitulé Titans
ou monstres?, de Roy Culpeper, publié
en 1997. (Cette publication est disponible en anglais
seulement, sous le titre The Caribbean Development
Bank.
Chandra Hardy a travaillé durant 11 ans
comme économiste supérieur à la
Banque mondiale, et est un associé de l'International
Development Training Institute de Washington.
Cette publication est en vente, au prix de 25 $ Can.,
chez : Renouf Publishing
Co. Ltd.
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