| 
CHOCS ET STRATÉGIES :
LA JAMAËQUE ET LA BANQUE DE DÉVELOPPEMENT
DES CARAËBES
de George Reid
Pour la Jamaïque, les dix premières années
de son indépendance (1962 à 1972) ont
marqué une période de croissance soutenue,
où le PNB a augmenté au rythme de 5,3
p. 100 par an par suite des investissements réalisés
dans les industries de la bauxite, de l'alumine et du
tourisme, ce au milieu d'un climat de stabilité
financière. Mais au cours des années 1970,
la Jamaïque a connu une baisse d'activité
économique provoquée à la fois
par les chocs externes et les politiques internes destinées
à les parer : en 1980, le PIB réel était
tombé à 18 p. 100 au-dessous du niveau
de 1973.
La nouvelle administration dirigée par Edward
Seaga allait adopter une double stratégie pour
remédier au problème : une stabilisation
de la situation par la réduction du déficit
global du secteur public et par la correction du déséquilibre
existant dans la balance des paiements, et une revigoration
à plus long terme du secteur privé.
LA JAMAËQUE ET LA BDC
C'est sur cette toile de fond que George Reid a entrepris
une étude de la Jamaïque et de la Banque
de développement des Caraïbes (BDC). Dans
son rapport, il se demande pourquoi la BDC, avec sa
connaissance locale, n'a pas pu davantage contribuer
à l'examen détaillé des options
d'ajustement qui s'offraient à la Jamaïque
durant la période 1972 à 1991, quand les
gouvernements successifs de Michael Manley et d'Edward
Seaga se sont interrogés sur les stratégies
pour négocier avec les institutions financières
multilatérales de Washington - le FMI (Fonds
monétaire international), la Banque mondiale,
la Banque interaméricaine de développement,
et l'Agence des États-Unis pour le développement
international.
Durant ces deux décennies, l'économie
de la Jamaïque a pâti des chocs externes
qui ont ébranlé sa production de bauxite
et elle a vu l'activité dégringoler dans
son secteur manufacturier par suite du manque de devises
nécessaires aux intrants industriels. Au cours
des efforts que déploie Seaga pour s'assurer
une aide extérieure tout en menant un ajustement
structurel et une réduction du déficit
à un rythme qui convienne aux conditions et aux
groupes d'intérêt de la Jamaïque (dont
les syndicats), Reid parle de «l'interaction des
stratégies» où le pays tente de
«persuader les institutions de prêt de fournir
des ressources sans remplir toutes les conditions annexes».
C'était, dit-il, une stratégie risquée
: dans le cas de la Jamaïque, le FMI a annulé
son accord de confirmation, la Banque mondiale a suspendu
les prêts, et le Club de Paris a interrompu les
négociations.
Reid conclut que la répugnance de la BDC à
engager des discussions sur les politiques peut se rattacher
au fait que les pays emprunteurs contrôlent la
majorité des actions à la Banque et que
le Conseil d'administration de la BDC est formé
de conseillers à temps partiel. Il soulève
aussi une série de questions à part :
Pourquoi la BDC a-t-elle acheminé une large portion
des fonds par le biais de deux institutions de financement
jamaïcaines qui se concentraient sur des projets
de crédit? Pourquoi ne pouvait-elle pas traiter
plus directement avec le secteur privé (en utilisant
de meilleures méthodes d'évaluation pour
éviter les cas de défaut probables)? Pourquoi
n'avait-elle pas constitué une importante liste
de projets dans son plus gros pays emprunteur?
UN MOT SUR LE LIVRE ET SUR SON AUTEUR
Cette étude, publiée en 1995, fait partie
d'un plus large projet sur les Banques multilatérales
de développement que l'Institut Nord-Sud a lancé
en 1991, avec l'appui financier de l'Agence canadienne
de développement international, de la Fondation
Ford, du ministère des Affaires étrangères
de la Suède, du ministère des Affaires
étrangères de la Norvège, du ministère
de la Coopération pour le développement
des Pays-Bas, de la Banque interaméricaine de
développement, de la Banque de développement
des Caraïbes, de la Banque africaine de développement,
et de la Banque asiatique de développement. (Disponible
en anglais seulement sous le titre Shocks and Strategies:
Jamaica and the Caribbean Development Bank.)
George Reid est un ancien directeur des finances
et des affaires économiques du gouvernement de
la Barbade, et un administrateur à la Banque
interaméricaine de développement.
Cette publication est en vente, au prix de 12 $ Can.,
chez : Renouf Publishing
Co. Ltd.
Retour à : index - Les
banques multilatérales
|
|
|